Partager l'article ! Marathon de Marrakech: Pas grand chose au programme en ce début d'année ...alors pourquoi pas Marrakech ! Monique et moi ne nous somm ...
Pas grand chose au programme en ce début d'année ...alors
pourquoi pas Marrakech ! Monique et moi ne nous sommes pas trop faits prier pour franchir le pas .
Départ de Marseille vendredi après-midi avec nos amis les Convert qui eux connaissent bien la ville et retour mercredi . Quatre jours pleins pour s'imprégner de la ville qui sera pour nous deux nos premiers pas sur le continent africain .
Première frayeur au départ de St-Raphaël , chez Pierre et Danye , pour l'aéroport ... "mon passeport !" Impossible de le retrouver dans mes affaires , je commence à baliser , à transpirer , à m'en vouloir . Je ne suis plus sûr de l'avoir pris et un retour à la maison risquerait de nous faire rater l'avion...quelle andouille me dis-je ! Quelques minutes plus tard je le retrouve dans la poche de ma veste , ouf ! ça a failli bien commencer ...
Arrivés à Marrakech Mounir est là pour nous accueillir
et nous transférer vers le riad , plutôt sympa de sa part vu l'heure tardive (il est 23 heures) . Notre riad est situé dans la médina , la vieille ville , et pour y parvenir nous devons emprunter
à pied des petites ruelles étroites , peu éclairées , bref pas très engageantes . Mounir et Pierre ont l'air de savoir ce qu'ils font ...on les suit en toute confiance . Autant l'extérieur est
sans saveur , triste et même un peu inquiétant , autant l'intérieur du riad est décoré , chaleureux et rassurant . Une fontaine trône au milieu d'un patio à ciel ouvert agrémenté de plantes
vertes et de mosaïques au sol . Autour , des chambres , une pièce de réception et le bureau d'Alain le propriétaire . A l'étage uniquement des chambres , nous serons logés là . L'escalier
continue à monter jusqu'à la terrasse sur le toit d'où nous pourrons voir la ville dès le lendemain . C'est surprenant pour nous occidentaux , le riad est une maison fermée sur l'extérieur , les
fenêtres donnant uniquement sur le patio , la cour intérieure .
Le lendemain de notre arrivée Monique et moi faisons
la connaissance de Johann et Sylvie , logeant dans le riad voisin . Pierre et Danye les ont rencontrés à Washington lors du Marine Corps Marathon , et comme le courant est passé ...on les
retrouve ici . Ils nous accompagneront pendant tout notre séjour .
Le premier vrai contact avec la civilisation marocaine est amorcé , nous découvrons la rue ! Sur les plus grosses artères de la médina des voitures s'entrecroisent , se doublent , se faufilent entre les vélos , les mobylettes et les charretons tirés par des ânes . Un vrai excercice que de traverser pour un piéton étranger ...
Les taxis en général peints en beige datent d'une autre époque comme d'ailleurs la plupart des autres vehicules , pas un ne passerait au contrôle technique (ma vieille Mercedes qui va sur ses 26 ans ne dépareillerait pas !) . Une fois engagés dans une petite ruelle , inaccessible aux autos , ce n'est pas mieux : les boutiques agglutinées les unes aux autres et débordant largement à l'extérieur réduisent le passage . S'il n'y avait que des piétons cela pourrait encore passer mais au milieu de tout ça des vélos et des mobylettes sans ralentir se frayent un chemin entre tous . Il nous faut sans cesse être vigilants , regarder devant , regarder derrière et anticiper la réaction du deux-roues qui nous arrive en face , car lui , il y a peu de chances qu'il freine !
Nous voilà donc mis dans le bain , et pour ma part il
me faudra bien deux jours pour m'y adapter .
Cette première journée a donc été riche en découverte de la ville avec d'abord la Medersa , école théologique fondée au XVIème siècle . Les mosaïques et les ciselures qui ornent les murs sont vraiment magnifiques , les plafonds en bois sculptés et décorés sont d'une richesse inouïe . Nous avons aussi pu visiter les chambres où les élèves dormaient , mangeaient , étudiaient : 4m² environ , sans aucun confort .
Après un bon repas en compagnie de Moulay (Palmito) et de sa petite famille sur une terrasse dominant la ville il est temps de se rendre au marathon expo histoire de s'inscrire...car il ne faudrait pas oublier qu'on est venu aussi pour courir . Les inscriptions sont bouclées en quelques minutes , ce qui nous laisse le temps de faire un tour dans le village qui , cette année mérite vraiment ce nom tant il est bien fourni . Par hasard nous croisons Mounir qui accompagne sa maman et ses garçons pour une petite promenade .
La balade continue vers la célèbre place Jamaâ El Fna
(j'ai-mal-au-foie , pour les puristes...) , immense , grouillant de monde : vendeurs , tatoueurs , mendiants , spectacles de rue , tout y est , tout est étonnant . Des sortes de kiosques
numérotés servent à volonté des escargots , on s'assoit à un comptoir où trône au milieu le "cuisinier" et l'on demande son bol d'escargots . J'en connais un qui ne s'est pas fait prié , et
chaque soir de notre séjour les escargots sont devenus une tradition , le troisième bol , si j'ai bien compris , est offert alors pourquoi se priver ...Juste à côté , des vendeurs de jus de
fruits , qui font terriblement envie ...les jus , pas les vendeurs !
En face , une multitude de "restaurants" en toile style barnum , côte-à-côte , bien alignés servent des repas pour une somme modique . Des tables étroites recouvertes de papier blanc et des bancs voilà le décor , c'est plutôt spartiate mais pour quelques dizaines de dirhams on y mange à sa faim . Le plus difficile est de choisir sa boutique : des sortes de rabatteurs se chargent de vous y attirer et parfois avec des méthodes assez surprenantes voire musclées... Si on hésite , c'est cuit ...on s'assoit ! C'est vraiment pittoresque !
La pasta de la veille a lieu dans la magnifique gare
de Marrakech , chez Luigi qui ce soir-là ne désemplira pas...Mounir et sa fille Anna nous rejoindront . Sympatique soirée que nous avons passée , en plus avant de partir Luigi a eu la délicate
attention de nous offrir un plateau de pâtisseries et glaces , difficile pour moi d'y résister ...
Dimanche matin rendez-vous pour tout le monde , près du départ , au niveau de la voiture de Mounir . Celle-ci servira de vestiaire , afin de déposer nos sacs de rechange car l'organisation de la course n'a rien prévu à ce sujet , grosse lacune à rectifier pour les prochaines éditions . Quelques photos plus tard , tous les six accompagnés de Moulay et Mounir regagnons la ligne de départ . Une heure avant il pleuvait mais maintenant plus rien et ce sera ainsi durant toute la course . On a vraiment eu de la chance .
Sylvie s'est inscrite sur le semi tandis que Johann , son époux sera avec nous sur le marathon . Pour lui ce sera le turbo alors que pour nous quatre le mode balade , pépère , visite touristique . Le genou de Pierre étant encore convalescent ce sera pour lui une bonne reprise . Tenue de rigueur bleue , c'est Monique qui l'a décidée : corsaire de Florence , T.shirt et casquette de Millau , nous voilà beaux !
Beaucoup de monde , certains n'ayant pas du tout le
profil du coureur , ni la tenue . Une grosse majorité s'est inscrite sur le semi , avec un départ commun ça explique en partie le monde ... 8h30 coup d'envoi . Rapidement nous perdons
de vue Sylvie et Johann , c'était prévisible , par contre je m'efforce de garder à vue mon petit groupe, pas question de s'éparpiller . Nous nous sommes fixés 4h30 pour boucler la course , cela
correspond bien à ces dames et pour les hommes ce sera notre allure balade .
Dès les premiers mètres , malgré notre allure de sénateur nous remontons pas mal de coureurs , sûrement inscrits pour voir , sans vraiment avoir envie d'en découdre ...enfin , c'est l'impression que j'ai eue . Moulay , sur le semi , se joint à nous un moment puis nous le perdons . Il faut dire qu'il doit être à l'aéroport vers midi , alors pas question de traîner , on le comprend ! J'ai pris mon appareil photo à la ceinture et compte bien flasher mon petit groupe tout au long du parcours , je tiens à ramener beaucoup de souvenirs , peu importe le chrono .
Passage dans une oliveraie après quelques kilomètres ,
on en profite pour soulager sa vessie car les toilettes n'ont pas été prévues . Mais selon certaines sources plus que sûres , l'année prochaine il y en aura . Les ravitos , contrairement à
l'année dernière sont bien fournis en eau , jusqu'au bout et même pour les derniers elle ne manquera pas . Parfois dattes et mandarines viennent compléter le liquide . Au fil des kilomètres
nous découvrons la ville , surtout la périphérie car le circuit évite le centre ville , difficilement praticable pour les coureurs tant la circulation est dense . Le petit groupe me paraît
homogène , chacun tenant le rythme plus ou moins établi . Arrivés au vingtième la distance entre Pierre , Danye , Monique et moi s'est accrue , je m'arrête et les attends . Je devine du
bleu qui s'approche (n'oubliez pas nos tenues bleues) , arrivés à mon niveau j'apprends que Danye a fait un spasme , elle n'était pas bien du tout . En effet , elle ne semble pas être dans son
assiette notre Danye . C'est la première fois que je la vois dans cet état ...En fait depuis le début ça n'allait pas , un jour sans comme il en arrive parfois . On continue quand même tous
ensemble , en s'arrêtant parfois afin de permettre à Danye de récupérer .
Nous traversons à présent les "beaux quartiers" ; tout
est impeccable , les entrées de villas , les parterres , les portails sont magnifiques . Toutefois les maisons sont à l'abri des regards derrière des murs hauts, rien ne transparaît ...un peu
frustrant quand même . En quittant cet endroit , immédiatement sur notre droite , un bidonville fait de tôle où pataugent dans la boue quelques malheureux . Quel contraste , le beau et le glauque
se côtoient .
La palmeraie apparaît , les chameaux peu importunés par les coureurs continuent tranquillement à manger . Nous profitons pour faire quelques photos à leurs côtés . Ce n'est quand même pas courant des chameaux sur un marathon !
Un local sur une mobylette se propose de nous
photographier ensemble devant les bêtes. Plutôt sympa comme proposition mais ne connaissant pas ses réelles intentions (il a après tout une mob et nous simplement des baskets) nous déclinons son
offre . On tient à notre appareil photo ...
Après la palmeraie , le golf . Nous le longeons . Pierre s'y attarde un peu plus , en repérage pour plus tard , n'oublions pas son passé de golfeur
Jusqu'à présent nous avions évité les grands axes routiers , maintenant nous nous retrouvons sur une grande voie ouverte à la circulation . Monique et moi sommes devant , Pierre et Danye loin derrière . Je décide de les attendre , Monique continuant sur sa foulée , s'arrêter serait difficile à ce niveau , je la laisse filer . Cinq minutes se passent avant d'être rejoint par nos amis varois . Danye n'est toujours pas bien , de nombreux arrêts ponctuent sa course . Tous les deux me demandent de filer rejoindre Monique , c'est inutile de les attendre , on se retrouvera à l'arrivée . Ce que je fais , avec une pointe de culpabilité tout de même , on avait prévu de faire la course ensemble . Nous sommes au 32ème kilomètre .
Grosse accélération pour rattraper Madame , ce qui me
fait doubler quelques étonnés .
Ces dix derniers kilomètres se font dans la ville , sûrement la partie la moins intéressante , au milieu des voitures même si la circulation est bloquée sur une voie . Aux intersections un policier se charge d'arrêter les autos mais cela n'empêche pas d'être vigilant . Je me rends compte que ça devient dur pour Monique , que l'envie de finir la gagne . On devrait finir en moins de cinq heures , ce serait bien . Mon GPS a allègrement dépassé les 42.2km et nous courrons toujours , ce doit être dû aux quelques arrêts pipi et chameaux à rajouter...
Enfin l'arrivée se profile , Sylvie et Johann sont là et nous encouragent . Un dernier virage et l'arche nous apparaît , 200 mètres et c'est fini . Main dans la main , comme de coutume nous terminons ensemble ce premier marathon de l'année .
Mounir nous attend , étonné de ne pas voir Pierre et
Danye . A cet instant nous ne savons pas s'ils ont continué ou abandonné . Pour ma part je n'étais pas trop optimiste , mais un coup de fil au moustachu varois rassure tout le monde : ils
arrivent !
Sur place , derrière l'arrivée , une personne élégamment vêtue nous demande nos impressions , si le parcours nous a plu , les points faibles que nous avons remarqués etc ...il s'agit de l'organisateur qui tient à avoir l'avis des premiers comme des derniers . Une petite suggestion de Monique sera apparemment exhaucée en 2012 : des toilettes au départ et le long du tracé . Une invitation au repas de gala nous est proposée ...à notre plus grand étonnement . Nous déclinons l'offre , le repas du soir étant déjà retenu au riad , mais ça nous a touchés . Petite photo tous ensemble et nous nous quittons .
Mounir nous apprend peu après que c'est un ancien ministre de l'Education , Doyen de la Faculté ...une personnalité marocaine quoi !
Mounir et moi décidons de rejoindre Pierre et Danye et
de finir ensemble , ça leur fera plaisir . Les voilà , à quelques centaines de mètres de l'arrivée nous le rejoignons et finissons avec eux . Danye a tenu bon , sur la fin son état s'est amélioré
. Elle a eu raison de s'accrocher , bravo Danye !!
Retour au riad avec l'ami Mounir comme chauffeur , toujours prêt à rendre service .
La suite pour tous les six : le hammam . Attendu par certaines depuis bien longtemps , je dirai même que le marathon n'était qu'un prétexte pour s'offrir un hammam . J'étais un peu hésitant mais je dois dire que c'est vraiment fantastique : une demi-heure dans une étuve et une heure de massage après on en ressort tout requinqué , plus une seule courbature , rien de rien . Nous avons tous apprécié ce moment .
Repas du soir au riad donc , sur place c'est ce qu'il nous fallait . Très copieux j'ai du mal à fini mon assiette de gâteaux c'est dire...
Le lendemain visite des jardins de Majorelle suivi
d'un petit tour en calèche dans la ville . Passage au complexe artisanal où chacun fait quelques emplettes , visite l'après midi du palais Bahia et j'en oublie . Une journée type en somme , pas
un moment de répit . Repas du lundi soir chez Aïcha sur la place Jamaâ El Fna après que Pierre a dégusté ses trois bols d'escargots , la tradition ça se respecte .
Ah cette place Jamaâ El Fna quel spectacle ! Un lieu de vie
et de rencontres étonnant . Entre les mendiants , les enfants accrochés aux breloques du sac de Danye , les vendeurs ambulants et ceux qui possèdent un banc et qui vous interpellent , difficile
de se frayer un chemin ...brevet commando exigé !!!
Mardi , dernier jour de notre séjour , nous nous
rendons tous les six à Essaouira sur le bord de l'Atlantique . Trois heures de route quand même , avec un arrêt dans une coopérative féminine qui fabrique de l'huile d'argan et ses dérivés . De
nouveau quelques emplettes afin d'apporter notre pierre ( "p" minuscule...) à l'émancipation des femmes . En effet ce travail est réservé aux femmes , leurs revenus leur permettant d'accéder à
une certaine autonomie .
Essaouira , fortifiée par un disciple de Vauban ,
rappelle un peu certaines villes bretonnes : des remparts sur la falaise , des tours de guet , un petit port de pêche où s'entassent des barques bleues . Typique et reposant...c'est l'impression
que j'ai eue . Les rues de la vieille ville sont beaucoup moins animées qu'à Marrakech, on peut s'y balader sans risquer l'accident à chaque instant , pas de vélos , pas de mobs , moins de
vendeurs , on respire !
Après cette journée où chacun a fait le plein d'iode c'est le retour et les préparatifs pour le départ .
Voilà belle sortie longue de cinq jours qui s'achève , sortie qui , outre la course , nous aura permis de découvrir un autre monde , d'autres gens , une autre architecture . Le dépaysement a été total pour Monique et moi . Je crois même que l'année prochaine le rendez-vous est de nouveau pris , avec peut-être comme on l'a suggéré une petite sortie dans le désert , non...!